Maria Quintreau

HAÏKUS DE CAMPAGNE, de Maria Quintreau.

Editions Alcyone, Collection Surya

Copyright : Editions Alcyone

ISBN : 978-2-37405-042-3

Maria Quintreau s’investit dans de nombreuses actions poétiques en ce sud Deux-Sèvres où elle vit et voit dans la poésie un outil pour mieux saisir et décrypter le monde. Grâce à cette action et à celle de son équipe, son village de Celles-sur-Belle a obtenu le label national de “Ville en poésie” décerné par le Printemps des poètes.
Maria Quintreau a fait paraître Brèves poétiques de train métro et gare en 2011, aux Editions de l’Atlantique. Elle publie également de ses poèmes dans la revue de poésie, d’art et de réflexion : Saraswati.


Du jardin à la maison, en passant par le village, ces Haïkus de campagne nous font saisir l’âme de ces lieux où l’auteure vit depuis plus de vingt ans : “Je voulais parler de ces lieux où je vis et que j’aime, précise-t-elle, et le haïku m’est apparu comme la forme poétique la plus adaptée à mon projet.”. De cette campagne de Maria Quintreau, saisie entre permanence et changement, mais aussi entre nostalgie et amusement, nous retiendrons la tendre et belle célébration de la vie...

 

TEXTES


Prunier secoué
tapis de reines-claudes
nos lèvres sucrées

**

Tout en broderies
l'ombre du lagerstroemia
ouvrage d'été

**

Été au jardin
rondes et rouges tomates
leurs joues empourprées

**

Ta main sur mon sein
caresse blanche du jour
envol d'un pigeon

**


Ondulation des branches
silence clair du matin
le cèdre danse

**

Entre les branches
des morceaux pâles de ciel
et la pie là-haut

**

Que vienne la pluie
ses diamants sur les vitres
et les escargots


Extraits de Haïkus de campagne
   de Maria Quintreau
Copyright : Editions Alcyone


- Vous pourrez prochainement écouter des poèmes de Maria Quintreau

   en cliquant sur la flèche du fichier MP3, en bas de page.

 

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Note de lecture d'Eliane Biedermann (revue Interventions à Haute voix) :

 Les haïkus de Maria Quintreau se présentent comme une suite d’instants précieux, liés dans la première partie du recueil aux saisons de l’ « été et (l’) automne au jardin », et  dans un deuxième temps, au « village » de Celles – sur- Belle où l’auteure réside depuis plus de vingt ans, village qui a obtenu le titre de « Ville en poésie »décerné par le printemps des poètes.
    Ces tercets, à l’instar de ceux des haïkistes de la tradition japonaise, évoquent la nature dans sa beauté et  sa fragilité. Parfois s’y ajoutent des échos de notre culture poétique : « Bouquets du  matin / oh ! la beauté des roses /    Mignonne allons voir… ». La poète ne fait pas seulement appel à Ronsard ; elle puise aussi dans notre tradition judéo chrétienne : « Vent dans les cheveux / je ramasse les pommes / Eve tremblante »
    Dans la partie consacrée à son lieu de vie, le temps s’approfondit  avec des résurgences de l’Histoire : « Jardins du passé / patrimoine ces portes / leur bois éclaté »
Un livre à lire et à relire pour redécouvrir les petites choses qui suscitent l’émerveillement,  ou pour réveiller  la nostalgie sur le  temps qui passe.
            
Eliane Biedermann

 

Haïkus de campagne, Maria Quintreau

16,00€ (+ forfait port et emballage : 4,00€)

 

Poèmes de Maria Quintreau dits par Silvaine Arabo

Maria Quintreau

Maria Quintreau 2

SEPT FOIS LE TOUR DU JARDIN, de Maria Quintreau

avec la reproduction d'une huile sur toile.

Editions Alcyone, Collection Surya

Copyright : Editions Alcyone

Maria Quintreau, qui s’investit dans de nombreuses actions poétiques en ce sud Deux-Sèvres où elle vit, voit dans la poésie un outil pour mieux saisir et décrypter le monde. Et cela elle le fait en lien et synergie avec d’autres arts : peinture, photographie, théâtre, musique, comme l’atteste le travail poétique réalisé dans sa ville de Celles-sur-Belle, ceci dans le cadre de partenariats multiples.  

De nombreux recueils de poésie ont été réalisés sous sa direction au sein de l’atelier d’écriture qu’elle anime mais aussi en lien avec les enseignants et les élèves du Cellois.

Cette entreprise poétique dont Maria Quintreau est à la fois l'initiatrice et la coordonnatrice, a permis à la ville de Celles-sur-Belle d'obtenir le label national de "Ville en poésie".

 

"Sept fois le tour du jardin" m'est venu durant le premier confinement. Je l'ai écrit très vite, dans l'urgence, dans un élan que je ne pouvais ni ralentir, ni réfréner, dans l'effroi cependant de ce que ces mots délivraient. Pour ma mère disparue depuis très longtemps, c'est le chant qu'en vain j'avais toujours cherché.

 

TEXTES

Je viens de marcher dans le jardin, sept fois le tour du jardin, une marche claire du matin. J'ai essayé d'enregistrer en marchant ce qui courait dans ma tête, mais aucun son détecté m'a dit mon Samsung. Alors ma marche terminée, mon bras, mes mains,  prennent le relais. Ce ne sera pas la même chose, ce sera autre chose, dans ma vraie marche, marche du jardin, j'enregistrais mon souffle qui se fatiguait, j'enregistrais ma voix essoufflée qui rejoignait pourtant mes pas d'autrefois, ces collines où tous les jours je grimpais. Entrer en poésie n'est pas raconter, et là je raconte, lorsque je marchais  je ne racontais pas, j'étais dans l'instant, la poésie est dans l'instant, passé et présent en elle. La poésie a cela d'éternel qu'elle reste dans l'instant, qu'elle est instant, tout à l'heure m'enregistrant, dictant l'instant de ma pensée, j'étais dans l'instant de ma vie, de ma vie d'aujourd'hui mais aussi de ma vie d'autrefois, des oeillets sauvages de mes seize ans, de ma révision du baccalauréat de mes dix-huit ans, de mon confinement pour révisions, révisions pour le  bac. Dans cette marche dans mon jardin d'ici, je retrouve  mes marches d'autrefois, vipères et oeillets roses sauvages, leur parfum  en moi, je l'ai, je le sens, et en haut du col l'émerveillement, vallée rouge, ses vignes. 

**

 Je marche, je suis avec les gens d'avant, avec ceux que j'aimais avant, tout défile. Je marche et tout défile, je dis, je n'enregistre pas mais tout défile, mes montagnes, leurs espaliers, leurs strates et mes strates à moi, leurs couches. Je marche et en marchant je suis avec les amis dans la peine, ce soleil du matin dans leur grande peine. Je marche dans l'aujourd'hui et l'autrefois, dans l'aujourd'hui j'ai remarqué le pied de céleri qui repart à côté des blettes. Mais je raconte, en poésie il ne faudrait pas raconter, je sens la poésie en moi mais je raconte, je suis quelqu'un qui dit, qui raconte, je ne peux m'empêcher de raconter et je me demande si, racontant, l'instant peut être là, s'il est là. Alors j'ouvre le livre «Comment VIVRE en poète», je dois trouver la réponse là, peut-être est-elle là, mais qu'elle y soit ou pas cela ne change rien pour moi qui essaie de saisir la poésie  en moi, la poésie du monde en moi, la fleur de poésie que je ne photographierai pas, elle n'existe pas, elle est peut-être toutes ces fleurs du jardin que j'envoie tous les jours à mes petits-enfants, mais elle est peut-être autre chose, ce que je ne sais pas, ce à quoi mon esprit n'accède pas.

**

 Je marche dans ma tête, cette nuit j'ai marché dans ma tête, mots essoufflés, brouillés de tête,    femme brouillée de tête, tous ces mots chahutés au réveil, ça tangue dans ma tête, ce bateau dans ma tête, tous ces mots. Je pense aux amis, leur grande peine, je pense à mes peines, mère je pense à tes peines, mère, j'ai toujours voulu accoucher de tes peines, de mes peines, les faire sortir, les extirper, mais tu le sais j'y arrive pas, je n'y arrive pas, je tourne autour de tes peines, de mes peines, sept fois le tour du jardin de nos peines, mais sept fois ça suffit pas, ça ne suffit pas, tourner sept fois la langue dans sa bouche ça ne suffit pas, ça bogue, ça vrille, ça fait n'importe quoi, ça hirsute dans ma tête, attention,  psoriasis guette, psoriasis en goutte dans ma tête, cette constellation en moi, constellation sur gazon de pâquerettes, c'est beau je t'ai dit de ma fenêtre, il est beau ce gazon de pâquerettes, on est confinés mais on est bien.

**

Je marche dans mes mots,  je m'enfonce dans leur souffle, j'en déplace les dunes, c'est dur, faut lever  haut la jambe, ça tire sur les reins,  ça épuise le souffle,  je respire et m'essouffle. Arbeit, arbeit, plaisantes-tu quand je te dis,  je monte, je ne reste pas avec toi ce soir, je monte, et ce signe que je fais pour te répondre, pouce tendu vers le haut, après les informations, je monte.

Maria Quintreau, Sept fois le tour du jardin, 

Extraits de la section I :  Marcher

© Editions Alcyone

 **

Toujours mon horizon de mots, de lignes, horizon de lignes à l'horizon des mots, on ne sait pas ce que veulent les mots, ce qu'ils cherchent, la nuit les laisser chercher et le matin dès six heures, ce concert d'oiseaux, ils chantent, je me lève, entrer dans le chant de mes mots, chant   que je cherche, depuis les matins de mes premiers mots je cherche, depuis mon gros cahier bleu je cherche, mes mots aujourd'hui sur juste brouillon d'écolier, brouillon revisité, recréé, deuxième vie de sa matière, papier jauni d'un brouillon ancien, sorti du grenier, triste aux yeux, mais que je recycle, que j'habille, chaque feuille obsolète habillée,  à chacune son masque blanc de papier machine, je découpe, colle, ajuste, à chaque feuille jaunie sa demi-feuille A5, papier blanc sur lequel j'écris ce que j'arrive à saisir de ce chant, de nos langues empêchées, mère, langues pétrifiées, de quelle lave leur volcan ? 

**

Elle écrit je ne dois pas abdiquer, je dois poursuivre, on ne peut pas abdiquer tant qu'on n'a pas terminé. Certains sont morts avant de terminer mais pour l'instant elle est vivante, et parce qu'elle est vivante elle a pu préparer son cahier d'écriture à partir d'un cahier de brouillon , exactement un cahier de brouillon de sa vie d'autrefois, ses seize ans, mère depuis longtemps malade mais où avec père elle arpentait les collines, ces cols, ce vent. Elle a toujours marché, elle marche, elle a choisi le stylo noir, restent ses soleils à retrouver. Alors sur son cahier de brouillon jauni, sur ses lignes à grands carreaux bien marqués, elle a installé des plages claires, sur chacune des pages de ce cahier de brouillon elle a collé des pages blanches. Et c'est sur ces pages blanches qu'elle écrit la suite de sa composition. C'est une composition, c'est ça, elle doit coller à sa musique, sans lignes et sans portée elle doit coller au graphisme qui bat. Le graphisme d'un individu bat de ses muscles et de son souffle, le sien aujourd'hui bat, elle qui ne pouvait plus rien écrire, alphabet mort d'une histoire tragique, elle s'installe sur ses lignes, elle va.

Maria Quintreau, Sept fois le tour du jardin

Extraits de la section III : Horizon-lignes-blanc

© Editions Alcyone

 

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Cet ouvrage est en vente sur www.amazon.fr (taper : "Maria

Quintreau").

 

Sept fois le tour du jardin, Maria Quintreau

16,00€ (+ forfait port et emballage : 4,00€)