Eric Chassefière

Echos du vent à ma fenêtre, Eric Chassefière (collection Surya)

L'ouvrage est orné d'une oeuvre plastique.

Né en 1956 à Montpellier, Eric Chassefière vit à Paris. Directeur de recherche en physique au CNRS, il étudie l'évolution du système solaire et des planètes et dirige un laboratoire de géosciences à l'Université Paris-Sud. Très tôt il écrit de la poésie, imprégnée par les émotions ressenties dans la nature, héritages de l’enfance. Il a publié dans de nombreuses revues et est l’auteur d’une vingtaine de recueils parus chez divers éditeurs : Encres Vives, Rafael de Surtis, Editions de l’Atlantique, Editions Alcyone, Interventions à Haute Voix, La Porte. Il a obtenu en 2015 le prix Giorgios Sarantaris pour “Le peu qui reste d’ici” (Rafael de Surtis) et créé avec Jacques Fournier (Itinéraires poétiques de Saint Quentin en Yvelines) l’action Poeziences de la Diagonale Paris-Saclay, destinée à faire se rencontrer scientifiques et poètes.

 

 

Dans ce nouveau recueil, à nos yeux le plus réussi, Eric Chassefière adopte la forme de la prose poétique qui lui réussit à merveille. Echos du vent à ma fenêtre est construit “en vitrail” : une structure maîtresse sur laquelle viennent s’enchâsser un certain nombre de poèmes dans lesquels on retrouve sa thématique essentielle : intériorité, rentrée en soi dans - et par - la nature. Tout bruit d’un silence habité qui nous mène à une forme de contemplation, d’espace intérieur où tout respire et se dilate pour notre plus grand bonheur : celui d’être, simplement.                               Silvaine Arabo

 

 

TEXTES

Sifflement léger, quelque part dans la hauteur, du battement d’ailes d’une tourterelle grise qui vient se fondre à l’or des branches entrelacées sous une lumière oblique. Puis une seconde, toute blanche celle-là, qui se joint à la première, déclenchant une pluie de feuilles que l’eau de l’ombre bientôt recouvre du silence des mots éparpillés du poème.

*


Salves des tourterelles dont les puissantes figures d’arbres, détachées de leur squelette, explosent en nuits fixes dans la rétine du ciel. Feux d’artifice de ces oiseaux dont les gerbes dispersées retombent en nuées de feuilles sur l’écoute, devenue silence avec la mémoire de l’arbre.



*



La page se teinte de rose. Le dernier fruit, toujours, se laisse cueillir avec l’effacement de la main. Partout îles de présence, secousses d’ailes dans les branches, feux sonores aussitôt éteints des tourterelles griffant le ciel de leurs vies plus légères que mots.



**


Il ferme les yeux et écoute, oreille collée contre le vent, se laisse porter par son écoute, devient la branche basse du vieux cèdre qui s’écarte du tronc à l’horizontale pour au but de sa course rejoindre la terre herbeuse, y poser son immense main noueuse dont les larges phalanges battent comme des ailes de papillons. Son cœur alors s’allège, il ne respire plus que par la cime.



**


Entrant sur la scène de ce jardin, que ferme sur l’arrière le rideau dense d’un petit bois de bambous tiré sur la perspective de la Loire, le voici confronté à cette obscurité qu’il sentait poindre dans son cœur, mais maintenant matérielle, frémissante, bruissant sous le vent. Des rangées de blocs noirs servent de bancs pour celui qui veut s’arrêter, sentir l’envelopper la secrète proximité de la matière ondoyante, impénétrable, de ces fines et hautes tiges s’offrant telle une harpe aux doigts du vent silencieux.

Eric Chassefière
Extraits de Echos du vent à ma fenêtre
Copyright Editions Alcyone

 

Pour vous procurer le livre d'Eric Chassefière :

/ envoyez-nous un courriel à l'adresse suivante : editionsalcyone@yahoo.fr

 sans oublier de noter votre adresse postale : nous vous enverrons alors

 un Bon de commande.

/  Vous pouvez commander ce livre en librairie.

/ Cet ouvrage est en vente sur www.amazon.fr (taper : Eric Chassefière).

 

Note de lecture de Eric Barbier sur Echos du vent à ma fenêtre pour la revue Diérèse N°73 :

La bibliographie déjà bien constituée d’Eric Chassefière s’enrichit encore de ce recueil de proses poétiques qui marque une étape significative dans le travail d’une langue ouverte aux héritages de l’enfance, au partage d’une nature immuable et changeante. Là s’élabore le regard, se révèlent les émotions comme si elles étaient éclairées par les dernières lueurs du jour, en reconnaissance.
Quatre échos forment ce livre, chacun est introduit par le souvenir d’un concert, la musique devenant une langue si proche de celle ici employée. « Thème de Van Eyck, son rond, fantasque, de la flûte, perlant comme une rosée aux grandes fleurs de silence dessinées par le jeu d’échos des arcs-boutants. »
Et si le silence est souvent évoqué, invoqué, l’œil du poète, il et je mêlés sans indifférence, sait retrouver d’autres accents à ce qui parle sans que toujours on ne sache l’entendre. « Puis le soleil noie le fleuve, l’hortensia déjà respire dans le frais vent de pierre où le chat, griffes légères, escalade le silence. »
Le passé réclame l’emploi du pluriel, là en un endroit choisi, on retrouve l’autre, des rencontres se produisent, « tissage intime de l’éternel et du fugitif. »
Croire, non, véritablement découvrir une vision de l’absent, du père peut-être, dans un abandon au présent, reprendre l’enfance, redonner souffle à des temps disparus, pour vivre encore : être nécessite plusieurs conjugaisons pour que « nos racines deviennent nos traces. »
« Vois, nous ne laissons pas d’empreintes sur le sable encore empierré de nuit, personne ne nous entend marcher. » L’image trahit loyalement le cœur nerveux du regard. La nuit porte les mémoires, en ravive les teintes.
Ce qui demeure derrière une porte que l’on n’ouvre plus, la reprise des mots permet d’en garder connaissance ; il ne s’agit pas de deviner mais de savoir s’en approcher, pour « toucher le nom des choses. »
« Le chemin qui va vers l’hiver passe par l’instant où, de la fenêtre, je regarde ces arbres, dans le petit square, portant lanternes du sang ancien qui coule encore dans leurs veines. »
Par l’impromptu d’une réalité que l’œil annonce, par une démarche qui oblige l’absolu à partager les plus profondes vertus, ces proses d’Eric Chassefière ouvrent un chemin bordé par un certain silence des hommes et la parole des arbres, entre le rêve des origines et la découverte d’une présence heureuse.

Echos du vent à ma fenêtre, Eric Chassefière

Prix global en euros : 16,00€ (+ forfait port et emballage : 4,00€)

Eric Chassefière

Déambulations du sable, Eric Chassefière

Editions Alcyone (collection Surya)

Cet ouvrage est orné d'un dessin acrylique.

978-2-37405-003-4

Né en 1956 à Montpellier, Eric Chassefière vit à Paris. Directeur de recherche en physique au CNRS, il étudie l'évolution du système solaire et des planètes et dirige un laboratoire de géosciences à l'Université Paris-Sud. Très tôt il écrit de la poésie, imprégnée par les émotions ressenties dans la nature, héritages de l’enfance. Il a publié dans de nombreuses revues et est l’auteur d’une vingtaine de recueils parus chez divers éditeurs : Encres Vives, Rafael de Surtis, Editions de l’Atlantique, Interventions à Haute Voix, La Porte. Il a obtenu en 2015 le prix Giorgios Sarantaris pour “Le peu qui reste d’ici” (Rafael de Surtis) et créé avec Jacques Fournier (Itinéraires poétiques de Saint Quentin en Yvelines) l’action Poeziences de la Diagonale Paris-Saclay, destinée à faire se rencontrer scientifiques et poètes.

La poésie d’Eric Chassefière exprime la sensualité et la densité charnelle du monde de la nature, tout en en suggérant la quintessence : les jeux de sa lumière, la qualité de son silence... Certains poèmes évoquent de subtiles aquarelles. Silvaine Arabo

N.B. Vous pouvez écouter des poèmes de Eric Chassefière en cliquant sur la flèche du fichier MP3 en bas de page.

 

TEXTES


La lente tourterelle gagne
le sommet de silence d’un arbre
autour d’elle l’eau du branchage s’agite
pulsent mille mains d’ombre
la lumière à présent se glisse
dans la fleur multiple du souvenir

**

Mûriers aux rebords des jardins

déambulations du sable

page de la mer

glacée d’encres éphémères

 

va et vient de la mouette

jusqu’à plus d’étoile

rien qu’obscurité de fleur

dont la nuit renaît

**

Coulée de lumière du champ

derrière un hiéroglyphe d’arbres maigres

une chaise qui nous tourne le dos

posée de guingois sur le sol bosselé

personne n’y est assis

à contempler le spectacle de la lumière

textures saillantes limpidité des couleurs

parfaite construction de l’ensemble

qui devient une surface lisse

à la façon d’une photographie de Stephen Shore

**

La lune est là

face au laurier blanc

de grands arbres cachés

platanes et peupliers

dansent aux sons des grillons

 

on ne voit pas la lune

ni ne touche les fleurs

le grillon reste seul

avec le silence des grands arbres

dont la parole luit
Eric Chassefière, extraits de
Déambulations du sable

Copyright : Editions Alcyone 

Reproduction interdite sur tous supports.

 

Pour vous procurer le livre de Eric Chassefière :

- envoyez-nous un courriel à l'adresse suivante :

editionsalcyone@yahoo.fr 

sans oublier de noter votre adresse postale : nous vous enverrons alors un Bon de commande.

- Vous pouvez commander ce livre en librairie.

- Cet ouvrage est également en vente (commande en un clic) sur www.amazon.fr

Déambulations du sable, Eric Chassefière

Prix global en euros : 16,00€ (+ port/emballage 4,00€)

Poèmes d'Eric Chassefière dits par Silvaine Arabo

Eric Chassefière
© Didier Goupy