Françoise Vignet

Journal de mon talus, Françoise Vignet (Editions Alcyone, Collection Surya)

ISBN : 978-2-37405-025-6

Les textes sont accompagnés de la reproduction d'une aquarelle de Claudine Goux.

Françoise Vignet est née en 1949 à Saint-Etienne (Loire). Devenue professeur de Lettres, elle a aimé exercer son métier, tout en voyageant en Europe et en Extrême-Orient. Le commerce des poètes l'a accompagnée tout au long de sa vie.
Retirée dans le Gers, "à l'écart du monde", elle a fondé en janvier 2011 "Vous prendrez bien un poème ?", feuille poétique qui s'adresse à près d'une centaine de lecteurs ‒ poursuivant ainsi le partage.
C'est là qu'elle a composé les proses de "Journal de mon talus", inspirées par la présence de la grande campagne. (Recueil nominé, sous une forme sensiblement différente, lors du Prix Troubadours/Trobadors 2014, décerné par la revue Friches, de Jean-Pierre Thuillat. Recueil qui a inspiré à Claudine Goux douze aquarelles.) Des extraits en ont été accueillis dans les revues Arpa, Décharge, Friches, Les Cahiers de la rue Ventura, Poésie/première.
Elle a été, de 2014 à 2017, membre du comité de rédaction de la revue Les Cahiers de la rue Ventura, revue créée et dirigée par Claude Cailleau. A partir de deux collages de Ghislaine Lajard, elle a participé à un livre d'artistes "Voyage autour d'un collage" et à une "Riche Enveloppe".

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Textes 

 

     Nous sortons pour planter le pêcher.

 

     Au lieu du grand silence d’ici et de ses bruits de vent, une clameur,  mi- articulée, mi- roucoulée, à voix si aigües que féminines, comme en une langue étrangère.

 

     Les grues ! Les grues cendrées sont de retour.

 

     Et le regard s’élève, scrute le bleu et les nuages blancs, s’égare, avant de contempler enfin, tout au fond du ciel,  les très hauts vols mouvants -  innombrables variantes de V non enchevêtrés, qui ne cessent de se recomposer savamment.

 

     Et l’esprit se déroute, fasciné par ces rythmes millénaires des bêtes et des lunes, qui font de nous des humains si petits, soudain,  parmi l’immensité des ciels.

Mars

 

A peine audible, un bruissement emplit l’espace et lui redonne sa profondeur de grand château à ciel ouvert. Un souffle doux meuble les airs d’une immobile pulsation.
Et nous voici parmi la pluie !
Hôtes – en sa demeure, en son silence qui bruit menu, en sa fraîcheur. Hôtes d’un jour et bouche-bée en sa présence ‒ immense.

Juillet   

 

Le pays d’ici

      Ici, la nuit est sombre, parfumée et la petite route, parfois inondée de lune pour une balade improvisée – la maison,  posée au bord de la Voie Lactée.

 

     Ici, l’on écoute le silence : bruissement de ce jet d’eau végétal qu’est le tremble, roucoulement des tourterelles turques, froissement d’ailes dans les feuilles touffues, appel plaintif de la hulotte, friselis des maïs séchés sous le vent…

     Ici, la fenêtre ouvre sur un coteau brodé de vignes hautes et sur le méandre de la départementale, qui s’étire en pente douce vers le clocher.

    Ici, les petits chemins mal goudronnés portent en leur centre une ligne herbue, parfois hachée, parfois ornée de touffes vertes, et, sur leur côté ensoleillé, un double feston, tout noir : l’ombre des fils du téléphone.

 

   Ici, au détour d’un virage grand ouvert sur l’espace, c’est l’horizon à nu qui soudain vous saisit… et le cœur qui bondit !

Août

 

   La porte s’ouvre sur la nuit. Et la fraîcheur soudain au visage me drape : exquis allègement.

Ciel gris blanc pommelé entre étoiles sur fond d’azur.

    De ce côté-ci du silence, à l’ombre claire des arbres, repose un monde autre - présence souveraine.

Septembre.

 

     A contre-ciel, le tremble ne bruit plus – ses feuilles d’or frais sur le pré vert éparpillées.

     L’été s’en va contre un ciel bleu rosé. Lentement chutent les feuilles ensoleillées : cérémonie discrète, léger bruit sec. S’annonce le temps du dépouillement. 

    Tremble sois-tu – et de bois vert : à toi de bruire en tes feuillets.

Septembre


L’hiver a envahi la terre, celui qui glace et éblouit.
Bosquets de givre et ciels purs. Grand silence sans loups. Espaces lumineux où se coule le corps.     
Peu à peu s’esquive la fatigue de l’âme.

Décembre  


Françoise Vignet, extraits de Journal de mon talus
© Editions Alcyone

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Journal de mon talus, Françoise Vignet

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Poèmes de Françoise Vignet dits par Silvaine Arabo

Françoise Vignet