Porfirio Mamani Macedo

El poeta y la soledad (Le poète et la solitude)

de Porfirio Mamani Macedo (traduction en français de Max Alhau)

(Editions Alcyone, Collection Mitra)

ISBN : 978-2-37405-038-6


Porfirio Mamani-Macedo est né à Arequipa (Pérou) en 1963. Docteur ès-Lettres à la Sorbonne Nouvelle. Il a obtenu son diplôme d’avocat à l’Université Catholique Santa María et a fait ses études de Lettres à l’Université Nationale de San Agustin (Arequipa). Il écrit poèmes et nouvelles pour plusieurs revues littéraires en France. Actuellement, il est chargé de cours à l’Université de la Sorbonne Nouvelle.

 

 

 

 

 

 

TEXTES



II - El recuerdo


Sin preguntar nada a nadie debo alejarme de todo aquello que me falta. Mas cómo decirle no al mar, al viento, al polvo que me sigue, y también al llanto peregrino de los hombres que buscan, una llave, un camino que los salve. A una sombra me retiro, a la sombra de la piedra que soporta mi destino. Huellas que no borrará el tiempo; hojas que no caerán del árbol prohibido, palabras que no verán mis ojos. En alguna parte, con el polvo del desierto se escribirá mi nombre, yo que huyo del desierto y del mar, a ellos volverán mis pasos, que hoy arrastro a orillas de este río incierto que soy yo.


II - Le souvenir


Sans rien demander à quiconque, je dois m'éloigner de tout ce qui me manque. Mais comment ne pas dire non  à la mer, au vent, à la poussière qui me poursuit et aussi à la complainte passagère des hommes qui cherchent une clef, un chemin qui les sauvera. Je me réfugie vers une ombre, une ombre de la pierre qui supporte mon destin. Des traces que le temps n'effacera pas, des feuilles qui ne tomberont pas de l'arbre interdit, des paroles que ne verront pas mes yeux. D'un côté, avec la poussière du désert, on écrira mon nom, moi qui fuis le désert et la mer, mes pas reviendront vers eux. Je les arrache aujourd'hui aux berges de ce fleuve incertain que je suis.


III - La mirada


Me hundo cada vez en mi silencio, me hundo como una piedra en el vacío, así debo acercarme de todo y de todo alejarme. Cada instante, cada día es un camino que me alcanza, más allá del sol y de mi sombra, la noche. Hoy que veo el alba de mis sueños, debo soportar el clavo, la espada que me marca. Mirando por esta ventana el universo, se acabarán mis ojos. Sé que debo dispersar las llamas que me encierran, sé que debo ser sólo piedra, hojas que todos mirarán como se mira detrás de la ventana las nubes que se alejan.


III - Le regard


Chaque fois que je m'enfonce dans mon silence, je m'enfonce comme une pierre dans le vide, je dois ainsi m'approcher de tout et m'éloigner de tout. Chaque instant, chaque jour  est un chemin qui me rejoint la nuit, bien au-delà du soleil et de mon ombre. Aujourd'hui, alors que je vois l'aube de mes rêves, je dois endurer le clou, l'épée qui imprime sur moi sa marque. En regardant le monde par cette fenêtre, c'en sera fini de mes yeux ; Je sais que je dois disperser les flammes qui m'enferment, je sais que je dois être seulement pierre, feuilles que tous regarderont comme on regarde derrière la fenêtre les nuages qui s'éloignent.



                                
V - El silencio


Mi silencio vuelve con el viento helado de la tarde. Busca en una calle, pasos de alguien que ha pasado. Los ojos de las casas, parecen iluminar las tinieblas que me encierran. Yo no digo nada, sólo debo mirar el rostro que se aleja, el frío rostro que me mira caminar a orillas de este río, la vida. Tan inmenso es el frío y el miedo, tan largos los minutos que me enfrentan a la nada. Otra vez debo ser el paria de la suerte. Otra vez sólo debo abrazarme de mis huesos, abrazarme de las ramas de mis huesos. Yo, polvo que camina, río que se aleja.

 
V - Le silence

 
Mon silence revient avec le vent glacé de l'après-midi. Il cherche dans une rue les pas de quelqu'un qui vient de passer. Les yeux des maisons semblent illuminer les ténèbres qui m'enferment. Je ne dis rien, je dois seulement contempler le visage qui s'éloigne, le visage froid qui me regarde marcher au bord de ce fleuve, la vie. Le froid, la peur sont si vastes, si longues les minutes qui me confrontent au néant. Une fois de plus je dois être le paria du destin. Une autre fois je dois me ceindre de mes os, me ceindre des branches de mes os. Moi, poussière qui va, fleuve qui s'éloigne.


VIII - En la ausencia



Que no sea más la misma sombra, ni el mismo laberinto el que me encierre. Que no sea más el tiempo y la distancia los verdugos de mis sueños. Ya oigo las olas de los mares, ya siento las raíces de la noche, las uñas del invierno, aquella infinitud que no me trae nada. Hoy debo soportar tu ausencia, amada azul, tú que peregrinas solitaria como el viento, tú que cruzas caminos olvidados y desiertos desolados, tú que pasas invisible al lado de la gente, tú que engendras dudas, tú que amarás toda mi alma. Junto a un árbol me veras mañana, ese que ya habrás visto otras veces humanamente, ese que resiste al crepúsculo y a la noche.


VIII - En  ton absence


Que ce ne soit plus la même ombre ni le même labyrinthe qui m'enferme. Que ce ne soit plus le temps et la distance les bourreaux de mes rêves. J'entends déjà les vagues de toutes les mers, déjà j'éprouve les racines de la nuit, les  griffes de l'hiver, cet infini qui ne m'apporte rien. Aujourd'hui je dois supporter ton absence, mon aimée d'un bleu azur, toi qui voyages solitaire comme le vent, toi qui croises des chemins oubliés et des désertes arides, toi qui passes invisible à côté des gens, toi qui engendres des doutes, toi qui aimeras âme entière. Près d'un  arbre,  tu me verras demain, cet arbre que tu auras déjà vu d'autres fois humainement, lui qui résiste au crépuscule et à la nuit.



X - Ella, La muerte


Como cualquier anochecer, quisiera saber que no te has ido. Yo en tus ojos deseo recordar el nombre de los ríos que han de traer tu barca. No me asombrará la noche, tampoco la distancia que exhibirán a los que te habrán visto pasar. Terriblemente veo que ya no estás, que tal vez nunca estuviste por aquí, que sólo es el perfil deformado de mí mismo. Sólo el ruido lejano de tus pasos me dice que existe tú, que eres tú recorriendo tantos otros ríos, ríos que yo ignoro, esos que tal vez no atravesaré jamás. No digo no, son las dudas y le esencia de las dudas, son también las noches que me envuelven, es el áspero polvo que me encierra. Es el tiempo que tercamente nos separa.


X - Elle, la mort


A chaque fois que la nuit tombe, je voudrais savoir où tu t'en es allée. Dans tes yeux, je veux me rappeler le nom des fleuves qui doivent apporter ta barque. La nuit ne m'étonnera pas, pas plus la distance qui révélera ceux qui t'auront vu passer. Avec terreur je vois que tu n'es plus là, que peut-être tu n'as jamais été là, que tu es seulement le profil déformé de moi-même. Le bruit lointain de tes pas me dit seulement que tu existes, toi, que tu parcours tant d'autres fleuves, des fleuves que j'ignore, ceux que peut-être je ne traverserai jamais. Je ne dis pas non, ce sont les doutes et l'essence des doutes, ce sont aussi les nuits qui m'enveloppent, c'est l'âpre poussière qui m'enferme. C'est le temps qui obstinément nous sépare.

Porfirio Macedo, extraits de El poeta y la soledad (Le poète et la solitude)

Traduction française de Max Alhau (version bilingue)

  Copyright : Editions Alcyone

 

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El poeta y la soledad (le poète et la solitude), Porfirio Mamani Macedo

Poèmes en espagnol (Pérou) dans la traduction française de Max Alhau (version bilingue)

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Poèmes de Porfirio Mamani Macedo dits par Silvaine Arabo

Porfirio Mamani Macedo